Représailles contre l’artiste (FR)

Certains d’entre vous ont déjà reçu les informations sur les répressions qui s’abbatent en ce moment même avec une nouvelle force sur les activistes anti-fascistes, défenseurs des droits de l’homme, militants et scientifiques en Russie. Alexeï Sokolov, qui a participé au travail de la commission de contrôle des organes pénitentiaires et a créé notamment un film sur la torture dans les prisons à Ekaterinbourg (Oural), a été arrêté selon les accusations fabriquées le 13 mai. Il y a des centaines d’autres… battus, torturés, poursuivis en « justice ». Alexeï Sokolov est reconnu comme un prisonnier politique par le Centre des droits de l’homme en Russie.

Les centres « E », les comités contre l’action terroriste, ont été créés après la dissolution de la lutte contre l’ « islam non traditionnel » à la fin de 2008. Créés sur la base des organes de la lutte contre les organisations criminelles, les centres « E » ont pour le seul objectif aujourd’hui de combattre les collectifs réunis sur des principes idéologiques. De fait, ils prennent une place importante dans le système judiciaire et interviennent illégalement dans la vie civique en Russsie d’aujourd’hui.

Maintenant les « centres E » se prennent même aux courants artistiques. Le 9 mai un séminaire consacré à l’art de gauche à Nizhny Novgorod a été interrompu par l’entrée forcée de l’homologue des CRS en Russie. Le séminaire devait être consacré à une réflexion commune entre philosophie, histoire, cinéma et poésie de gauche. Les participants détenus ont eu le droit à des « conversations privées » avec les représentants des « centres E ».

Le 15 mai, Artem Loskoutov, artiste engagé de Novossibirsk, a été arrêté pour la conservation des drogues (cannabis qui venait d’être jeté dans son sac par ces mêmes représentants). Lors de son passage devant la cour le 20 mai, il a été accusé ouvertement d’une activité publique antifasciste et « l’appartenance à un groupe organisé ». Les représentants du « centre E » n’ont pas pu prouver ces accusations. Néanmoins, Artem est détenu en attente du jugement.

Que ce soit l’art de gauche, la défense des droits des prisonniers ou encore le militantisme public des antifascistes, toutes ces activités sont orientées contre la violation des droits élémentaires, droits à la vie, la santé et la dignité, par les forces de l’ordre. Les artistes et les militants s’opposent activement à la montée d’un nationalisme fervent, alimentée par les actions des autorités politiques et mise concrètement en place par les « forces de l’ordre ».

Bientôt seront prêtes deux pétitions pour la libération de Artem Loskoutov et de Alexeï Sokolov.

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